*Si j'étais un livre?
Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part, d'Anna Gavalda.
Un film ?
Eternal sunshine of the spotless mind.
Un parfum ?
Ananas Fizz. Je ne me mets pas de parfum, ou alors très peu de mon banal flacon Yves Rocher à l'ananas.
Un mot ?
Mélancolie. J'ai envie de parler de moi. Pas pour le principe même de raconter ma vie, mais parce que j'aime lire sur des blogs des informations personnelles concernant les proprios.
Si ce n'est pas votre cas... ben ne lisez pas, qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ?
J'écris sur mon très vieil ordi qui ne reconnaît même pas le mot "hey".
J'aime bien taper dans ma chambre les textes que je poste ensuite sur mes blogs. Mais ce que je préfère, c'est être inspirée pour une nouvelle. Là tout de suite l'inspiration est aux abonnés absents.
Je regarde si je n'ai pas reçu de message sur mon portable.Mon bureau est grand et couvert de choses plus moins utiles dont je me sers plus ou moins souvent.
Parmi elles comptent une paire de ciseaux, une gomme Rolling Stones, un réveil, des baguettes chinoises en bois, un compas, une douzaine de feuilles en désordre et pleines de ratures, mon déodorant coconut, des bandes de cire froide, un miroir, deux brosses à cheveux, des autocollants, une trentaine de stylos, des élastiques, une photo encadrée de Margaux et moi on the beach l'année dernière, les perles en verre de mon collier noir qui s'est encore cassé, un verre cannette coca-cola, un paquet de MnM's entamé, des boucles d'oreilles toutes dépareillées, mes multiples bracelets, une boîte en fer pleine de raisins secs dedans pour quand j'ai trop faim, mon portable, une ceinture, trois livres, le livret des paroles de Linkin Park, un début de lettre pour Benjamin, un magazine débile, un ressort et une grande lampe de chevet.
Plus un tas d'autres trucs mais ça serait vraiment trop long.
J'éteins le plafonnier pour allumer la lampe.Mon bureau n'est JAMAIS rangé. Il est toujours plein de feuilles quadrillées et raturées, de stylos noirs, de bijoux et de débuts de lettres. Parce que les lettres je les commence et puis je les trouve nulles, alors je les jette, je reprends une feuille, je réécris, je relis et je trouve ça nul. Alors je jette, je...
Vous comprenez.
Dans mon deuxième tiroir il y a un début de lettre pour Azala, que je trouve particulièrement naze. Il a sans doute atterri là parce que je range toujours les trucs pourris dans le deuxième tiroir. Ainsi on peut y trouver un numéro de Jeune et Jolie, une boucle d'oreille genre gros anneau en ferraille, un mot signé de la main de Loïck (c'est qui lui déjà ?), un parfum à la rose et une cartouche explosée. C'est d'ailleurs à cause du dernier élément que je n'aventure guère mes mains dans ce compartiment de mon bureau.
Je relis le dernier message de ma cousine. Il faut que je l'appelle demain.J'ai des frissons sur les jambes. Quoi de plus normal ? J'ai enfilé vite fait une chemise d'homme XS qui me vient de mon cousin sur mon soutif et ôté mon jean. Je vais dormir comme ça. Avec un boxer, parce que ah ah ah, j'ai mes règles.
Ô joie, Ô bonheur exquis et suprême.
J'ai des frissons mais pas froid, pour la simple et bonne raison que je n'ai jamais froid. J'ai parfois la peau glacée... mais ça ne pénètre pas, si vous voulez. Je déteste qu'on me pose cette question renouvelée maintes fois, surtout en hiver, qui est "T'as pas froid, Marion ?". Non j'ai pas froid. Tu crois que je serai en tee-shirt si c'était le cas ? Et puis appelle-moi May, d'abord.
On m'a dit que j'étais bizarre.
Pourtant les seules bizarreries que je possède sont mon immuable rétention de chaleur, mon regard dédaigneux que personne n'arrive à lancer (sauf Elise et Delphine, ok), mon goût pour les hommes qui ont un visage intrigant, mon lunatisme (mot qui n'existe pas. On va dire qu'il désigne le fait d'être lunatique.) et ma super désarticulation de l'os de la cuisse (je vous montrerai).
Je me lève pour vérifier que j'ai toujours la super désarticulation.Moi je ne me trouve pas trop bizarre. Et vous ?
J'ai plein de brouillons de textos dans mon portable. 26 au total. Sauf que ce ne sont pas des messages que j'ai l'intention d'envoyer, ce sont des trucs qui me passent par la tête et que je tape à toute vitesse quand je n'ai pas de papier sous la main. De toutes petites choses que j'écris de peur de les oublier à la minute où j'y pense. Le premier brouillon contient l'adresse de Léa P que je n'ai pas mise sur feuille alors que je l'ai depuis un an, le deuxième le nom d'une ville que j'ai trouvé très moche (le nom, pas la ville) quand j'allais en Bretagne avec mon oncle et ma cousine : Villedieu-les-poêles. Le cinquième, c'est juste "Nothing else matters", parce que c'est une expression que j'aime bien. Le neuvième c'est le titre d'une chanson de Robbie Williams dont je voulais me souvenir pour la mémoriser, le dixième le nom du mal dont est atteint le footballeur que j'ai vu ce matin dans une pub : un problème de croissance hormonale.
Je suis sensible aux témoignages de personnes malades.
Sensible tout court, surtout.
En fait je suis peut-être un peu bizarre... je viens d'écrire le mot prout sur un post-it.C'est idiot mais c'est comme ça, si on me connaît bien on sait que je me mets à pleurer quand, dans Million Dollar Baby, la boxeuse (j'ai oublié son nom) dit "Ils m'ont coupé la jambe." Et on sait aussi qu'à partir de ce moment je sanglote jusqu'à la fin du film. Je vous l'accorde, ce long-métrage n'a rien à voir avec le footballeur... mais c'est une illustration parfaite de ma débordante (et ridicule)sensibilité.
Je crois que j'ai besoin de quelqu'un qui serait au courant des mes coups de blues répétitifs. Et qui me prendrait dans ses bras, chose que personne n'a jamais faite pour moi les rares fois où l'on m'a surprise en proie à un profond désespoir.
Si Laly (la pétasse de Secret Story. Oui je regarde, ça... enfin, le début, pour me foutre des candidats et lancer des "Mais c'est n'importe quoi cette émission !" à tout bout de champ. Je vous assure que c'est chiant de regarder ça avec moi.) m'entendait, elle dirait : "Est-ce une façon de faire pleurer dans les chaumières, ce que tu racontes sur le fait qu'on ne t'as jamais prise dans les bras au bon moment ?". Elle aurait tort, je vous le dis. Et puis déjà de nos jours on n'habite plus des chaumières, et plus encore on n'utilise plus cette expression à deux balles. Alors ta gueule Laly.
Oh que je suis vulgaire.
Je tente de tuer la mouche qui tournoie autour de la lampe. RatéeOui d'accord si vous voulez, mais alors vulgaire dans le sens où il m'arrive de lancer une rafale de "Putain de merde !" à un meuble auquel je me serai cognée. Pas dans le sens où je suis ce genre de filles qui voudraient mettre au courant la Terre entière de la couleur de leur string en le remontant jusqu'à hauteur du nombril, évidemment. Si vous m'imaginez comme ça, il serait grand temps de revenir à la réalité.
J'estime avoir le droit de m'estimer originale lorsque, dans la rue, je croise une de ces poufs fashion ballerines et ceinture D&G, tandis que je me promène de noir vêtue avec mon sac à l'effigie de Mr Jack sous le bras. J'estime avoir le droit de m'estimer exceptionnelle lorsque je reste de glace face aux regards insistants des racailles mâles tandis que les autres filles se pâment pour ces mêmes regards. Et j'estime avoir le droit de m'estimer juste lorsque je dresse ce portrait peu flatteur de la jeunesse d'aujourd'hui.
La mouche n'est plus.Et puis vous le saviez, vous, que je déteste la pastèque ?
Que j'aime trop regarder Urgences et que j'ai vu tous les épisodes de Friends ?
Que j'ai eu une greffe de tympan ?
Que je suis marraine ?
Que s'il y a bien un truc que j'adore, c'est les milk-shakes à la vanille du Macdo ?
Que je déteste manger des trucs qui viennent de la mer, poissons et moules compris ?
Que le son du piano m'enchante ?
Que je trouve que l'homme idéal est Grégoire de Koh-Lanta en plus rock'n'roll ?
Que j'observe le visage des gens lorsqu'ils sourient pour tenter d'apercevoir le dessin de petites fossettes au creux de leurs joues ?
Que j'ai deux cons de chiens ?
Que savez-vous, au juste ? Pas grand-chose, sans doute. Ou peut-être déjà trop ?
Est-ce que l'on en dit plus que l'on ne le voudrait ? Il y a ceux dont j'apprends tout comme je tourne les pages d'un livre, parce qu'ils se dévoilent vite ou tout simplement parce qu'ils n'ont rien à cacher. Et puis il y a les personnes discrètes, celles qui cachent tout, se dérobent lorsqu'on veut en savoir plus.
Pour ma part, je préfère les ténébreux, ceux qui choisissent de garder leurs secrets au fin fond d'un coeur impénétrable et silencieux.
Mais hors de question de se la jouer sombre et mystérieux si on n'a rien d'exceptionnel. Là c'est carrément nul comme attitude.
Je me dis qu'il est tard. Il faut que j'arrête de me coucher à pas d'heure, c'est bientôt la rentrée.La photo, c'est moi qui l'ai prise. Si vous pouviez commenter à la fois mes clichés et ce que je dis ça m'arrangerais, parce que j'ai décidé de coupler les deux...